Ganesh et Gaya - Mes chevaux

Cavalcade #44 : Une question de confiance


Ce superbe thème est proposé par Emilie du blog Cavali’Erre dans le cadre de la Cavalcade des blogs, créées par Gaëlle du blog Cheval Facile. N’hésite pas à y participer, c’est ouvert à tout le monde. C’est en lisant La Lettre Ouverte que l’envie m’est venue de partager ma question de confiance.

En observant les chevaux dans un élevage sauvage, nous avons testé l'éducation de nos chevaux en pleine nature et en liberté. Au delà de ce qu'on appelle aujourd'hui l'équitation éthologique, nous vous parlerons d'éthique, de complicité, d'harmonie, de confort, de bien être physique et moral.
En observant les chevaux dans un élevage sauvage, nous avons testé l’éducation de nos chevaux en pleine nature et en liberté. Au delà de ce qu’on appelle aujourd’hui l’équitation éthologique, nous vous parlerons d’éthique, de complicité, d’harmonie, de confort, de bien être physique et moral.

Ma folle aventure prend sa source en aout 2016 sur un terrain à l’abandon. Nous sommes en pleine canicule. Tous les après midi, je vais marcher dans la montagne pour profiter de l’ombre des grands arbres. Chaque jour, j’aperçois des chevaux, deux petits troupeaux sous les arbres. Je m’approche peu à peu. Les chevaux sont sauvages. Ils ne connaissent pas vraiment l’homme. Il y a ce cheval étrange par sa robe et son gabarit. Un véritable coup de foudre!

Le terrain est très sec, il n’y a plus d’herbe et les chevaux sont un peu maigres alors je prends sur moi d’améliorer leur quotidien. J’ai confiance, la nature nous donne de la consoude et c’est une plante très nutritive. Malheureusement, mon « coup de foudre » est dominé et n’a pas beaucoup d’occasions d’approcher cette nouvelle nourriture. Il n’a pas de nom. Il est dans une réserve de viande (à usage privée). Alors, que faire? Question de confiance. Je rencontre le propriétaire et je propose d’aider à la transhumance. Confiance ou inconscience ? Je fais plus de deux heures de route avec 13 chevaux pour un pré en altitude et un peu plus vert.

Je continue mes visites quotidiennes dans ce nouveau parc. J’ai donné un nom à mon coup de cœur : Ganesh. Il se laisse un peu approcher, il me reconnait quand j’arrive avec ma consoude séchée. Malheureusement, ses jours sont comptés mais j’ai décidé de lui sauver la vie. J’écoute mon cœur et je négocie avec son propriétaire qui doute que je puisse faire quoi que ce soit avec Ganesh. Une nouvelle fois, la confiance est là et je paye Ganesh pour sa viande. Je n’ai pas de place pour l’accueillir, il restera avec le troupeau.

Quand l’herbe se fait rare, il est temps de prendre mes responsabilités. J’achète un licol, une longe et des compléments alimentaires. Un ami m’a rejoint dans ma démarche et décide d’offrir une vie à la petite pouliche de ce troupeau. Un cheval sans aucune existence mais j’ai choisi de donner ma confiance au propriétaire qui m’a donné sa parole. Maintenant, à moi de mériter la confiance de Ganesh pour le sortir du troupeau et lui trouver un espace de vie.

Tout est question de confiance.

Tous les soirs, je vais nourrir Ganesh. Je lui présente le licol et je lui parle. Me comprend-il ? Sait-il pourquoi je lui demande d’être attaché ? Il accepte le licol et nous faisons quelques pas en longe à chacune de mes visites. J’installe un rond de longe que je bricole avec des piquets et du fil de clôture.

Tout le monde dit que je n’en ferai jamais rien. Je continue à écouter mon cœur et ma confiance en la vie. En quelques semaines, Ganesh répond à ma voix. Notre confiance mutuelle s’est installée. Elle dépasse les craintes, les appréhensions. Nous devenons complices et même si Ganesh est entier, il est doux avec moi. J’ai confiance en lui. Il apprend vite, m’observe et nous allons nous promener en longe. Mon ami m’aide et sa pouliche rejoint Ganesh. J’ai trouvé des parc à nettoyer où je peux héberger mon cheval. C’est beaucoup de travail mais nous sommes sur la bonne voie, je le sais.

Ganesh vient d’avoir 3 ans le 20 janvier 2018. Un vétérinaire est venu l’identifier et lui faire des papiers. Je l’ai fait castrer aussi. Il vit au pré avec la pouliche, Gaya, qui aura 2 ans en mai. J’ai trouvé des prés en location, du bon foin et des chemins de randonnée pour que Ganesh continue à vivre comme un cheval. Il va brouter en liberté, sans longe. Notre relation complice a établi une confiance inconditionnelle. Il ne s’éloigne pas beaucoup de moi. Au fil du temps, je lui ai présenté un tapis, une selle…..un filet qui lui a fait mal et que j’ai remplacé par un licol corde. Il me laisse monter sur son dos. Dès que le temps le permet, nous partons dans la montagne. Je marche à coté de lui, je joue avec lui et je monte un peu quand nous partons au galop dans les sous bois.

La petite Gaya nous suit partout. La confiance s’est installée avec elle aussi. Cette confiance qui a rendu possible cette histoire d’amour.

Mes chevaux sont nés en troupeau sans intervention de l’homme. Ganesh est né dans la neige et personne ne s’est précipité pour lui mettre une couverture
Mes chevaux sont nés en troupeau sans intervention de l’homme. Ganesh est né dans la neige et personne ne s’est précipité pour lui mettre une couverture
Ganesh et Gaya - Mes chevaux·Soins des chevaux et poneys

A l’écoute de mon cheval – Communication animale


J’ai lu l’article de La Crinière Blonde : Suis-je une mauvaise propriétaire ?

Je pense que le fait de se poser la question et d’échanger nos visions du cheval peuvent apporter un peu plus de confort à nos loulous. Il me semble évident que vivant en région Parisienne, tu ne peux pas suivre mes délires mais est ce que ça fait de toi une mauvaise propriétaire?

randonnée avec nos chevaux, promenade et paturage - Horse lover and nature lovers, hiking withs horses
randonnée avec nos chevaux, promenade et paturage – Horse lover and nature lovers, hiking withs horses

J’ai longtemps habité en banlieue parisienne et malgré quelques petits coins sympathiques sur les bords de Marne, j’étais très loin de ce cadre (sur la photo). Le centre équestre avait les chevaux en box et j’imagine mal les cavaliers sortir leurs chevaux en liberté en pleine ville. D’ailleurs, j’avais seulement un chat qui se prélassait dans le canapé et se chauffait au soleil sur le balcon l’été.

J’ai fait mon temps en ville et je suis revenue aux sources : celles de la nature. Une maison dans un village de montagne, le GR42 qui passe devant ma porte et des prés à perte de vue. La vie est bien différente pour moi. Alors, l’homme doit-il vivre en ville ou dans le trou du cul du monde? Sommes nous réellement égaux? Je ne sais pas si on se pose vraiment la question et pourtant…..

La place de l’humain

L’éthologie humaine est une branche de l’éthologie, qui étudie les processus comportementaux de l’être humain envisagé en tant qu’espèce animale selon les préceptes de l’éthologie. Je suis diplômée de psychologie ce qui, à mon sens, est le résultat d’observations et d’études éthologiques.

Prenez un échantillon de population et répartissez l’humain : grosse agglomération, ville, village, maison isolée. Je vous promets que j’ai souffert en région parisienne!!! Mais pour travailler, c’était pratique (c’est ce que je croyais). J’ai finalement plié bagage et je m’en porte beaucoup mieux.

Mais c’est moi. J’ai invité des parisiens à venir en « vacances » dans mon paradis. Pour eux, ce fut un véritable enfer!!! Pas de réseau pour leur inséparable téléphone portable, pas de bruit (ça leur fichait la trouille), le premier distributeur à 15 km. Et ce qui, pour eux, étaient corvée : marcher, couper le bois de chauffage, apprendre qu’une lampe frontale est utile, et le pire de tout : les bêtes 😀 Je vis en Ardèche et il y a des insectes dans les bois qui vivent franchement tranquilles. Et puis les sangliers et tout le vivant qui fait des bruits de film d’horreur pour le parfait citadin. Je passe sur leur tenue vestimentaire parfaite en agglomération mais totalement inadapté dans la montagne : bah non les filles, des chaussures à talons haut, j’en ai pas ! J’ai des chaussures de randonnée et des Dr Martens.

randonnée avec nos chevaux, promenade et paturage - Horse lover and nature lovers, hiking withs horses
Vanosc, village d’Ardèche. Altitude 650 mètres pour le village et autour…….

Conclusion : du coté de l’humain, il en faut pour tout le monde. Nous faisons nos choix mais si le citadin est en zone hostile chez moi, je le suis tout autant chez lui. Impossible de faire une généralité.

La place de l’animal et puisque nous en parlons, la place du cheval

L’éthologie équine est la branche de l’éthologie, science du comportement, qui étudie les chevaux, aussi bien en ce qui concerne le comportement en milieu naturel que les relations intra-spécifiques (entre chevaux) et inter-spécifiques (avec les autres espèces), parfois en milieu non-naturel. Cette science étudie notamment le comportement du cheval en rapport avec l’être humain mais, paradoxalement, l’éthologie appliquée au cheval domestique n’est étudiée que depuis peu.

Surprenant ! Le cheval est très proche de l’homme depuis bien longtemps. Alors, de son coté, ville ou campagne? J’observe beaucoup les chevaux pour mes études. Si j’avais de grandes convictions, je vous promets que la première chose que j’ai apprise, c’est à ne pas juger ce que font les autres. Tous les chevaux ne sont pas égaux à la naissance. Les chevaux sauvages vivent en troupeau et parcours de nombreux kilomètres pour se nourrir. Mais n’oubliez pas que nombre de chevaux naissent en « captivité ». Et pour ce poulain qui connait le box, la carrière, le manège…….. je vous promet que les bois sont facteurs de stress. A l’état sauvage, le cheval est une proie, ne l’oubliez pas. Protégé par l’homme, il ne développe pas toujours son instinct naturel de protection.

Mes chevaux sont nés en troupeau sans intervention de l’homme. Ganesh est né dans la neige et personne ne s’est précipité pour lui mettre une couverture. Étant moi-même une sauvageonne qui se plait pieds nus dans la rivière au milieu de nul part, je laisse à mes animaux leur place d’animal. Ils sont allés en pension quelques temps mais le manque d’espace, d’herbe…. de déplacement m’ont poussée à trouver des prés. Et même si Ganesh a une splendide écurie en pierres, il préfère rester dans le pré et se transformer en poney bai brun l’hiver (il est rouan l’été quand sa fourrure tombe). Il est pieds nu…..mais il n’a jamais été ferré. Ses sabots sont habitués au sol du coin.

Ma conclusion ? Comme l’homme, les chevaux ne sont pas égaux dans la nature. A l’observation, l’homme le rend fragile comme il se rend lui-même fragile. Ce poulain né en box qui a l’habitude de sa paille, de son foin, de ses rations, de sa couverture, je ne crois pas qu’il soit prudent de le remettre seul dans la nature sans un minimum de temps d’acclimatation.

Ganesh (par exemple, vu que c’est lui qui teste tout avec moi) ne supporte pas d’être enfermé. Il est au pré mais il a besoin de promenades pour brouter, galoper en filant des coups de cul, jouer. Il se fait très bien comprendre quand il squatte la sortie pendant que je ramasse le crottin. Mes études d’éthologie m’aident beaucoup car il n’est pas cheval de club et je m’adapte à lui. Si Ganesh me respecte aujourd’hui, sachez que ça a pris du temps. Et bien sûr, les grands espaces par ici me permettent de le lâcher en randonnée sans déranger qui que ce soit. Coté gestion du temps, je travaille beaucoup plus depuis que je vis à la montagne mais c’est un travail physique. Je n’ai pas de télé et je suis une couche tôt/lève tôt. Je me donne le temps d’aller voir mes chevaux chaque jour, ce qu’on ne fait pas forcément quand on s’est tartiné 2h de transports parisien.

Mon petit conseil : votre mode de vie et vos habitudes sont suivies par votre chien, votre chat mais aussi par votre cheval. Observez le. S’il va mal, vous le verrez et il sera alors temps de vous poser les bonnes questions. Évitez d’acheter un cheval de grand air pour le mettre en pension en ville parce que comme l’humain, il a dans le sang, les gênes et dans l’instinct le goût de ce qui le sécurise. Je fais suivre une vidéo dans laquelle vous verrez Ganesh et Gaya dans des situations variées, je raconte ma fabuleuse histoire avec mon cheval aussi et en fin de vidéo, les gros qui se défoulent en liberté.